Bois-Colombes
Projet suivantNichée face à un petit écrin de verdure, silencieuse et pleine de vie, Bois-Colombes, est une transformation par le retrait ; un dévêtement.
Depuis le jardin, l’ombre portée des feuilles d’automne traverse désormais le filtre imposant des maçonneries d’antan. Le premier rempart est tombé. La clarté du jour caresse à présent le bois sous les assiettes, le jardin devient le prolongement naturel du pas et du regard. Quelques foulées neuves permettent de passer de la table au jardin et du salon à la table. Les volumes autrefois scindés ne font plus qu’un ; le deuxième rempart est tombé. Les accords plaqués au piano courent désormais à travers l’espace et glissent, vibrants jusqu’au dehors, et effleurent les portes de la verrière nouvellement créée.
Si la vertu de l’effacement réside en ce que disparaisse le souvenir même de son action, Bois-Colombes conserve, elle, l’histoire de la sienne. Quand les mobiliers et le parquet d’époque retrouvent leurs place dans un cadre drapé de noir, au sol, les vestiges de l’absence sont soulignés.
Il a fallu retirer pour révéler. En dissolvant la masse, en abolissant l'épaisseur minérale qui retenait la maison captive de sa propre ombre, l'espace a soudainement repris son souffle.
Là où se dressait l'opacité, le vide s’est fait promesse. La lumière s’y écoule désormais comme une matière tangible, venant sculpter les volumes de toutes parts. De cette soustraction naît un étirement inattendu : la limite ne sépare plus, elle encadre, et accompagne le paysage dont les reflets s’infiltrent désormais jusqu'au cœur du foyer.


